l'Histoire des Potvin

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l'Histoire des Potvin, suite

 
 
 
 Les Potvin: du Bourg-Royal au Lac St-Jean

Ce document n'est aucunement le travail d'un écrivain ou d'un historien chevronné mais représente seulement le fruit des recherches d'un Potvin qui voulait mieux connaître ses ancêtres et leur vie. Il est la réalisation d'un vieux rêve que je caressais depuis des années soit celui de retracer nos racines depuis l'arrivée de notre premier aïeul en Nouvelle-France.

Lorsque mon cousin Gérard Potvin et moi avons pris connaissance du livre de soeur Annette Potvin Les Poitevin dit Laviolette-1669-1992,on s'est dit voilà le coup de pouce que nous avions besoin pour se lancer sur la trace de nos ancêtres en préparant un arbre généalogique le plus complet possible jusquà nos jours. Gérard se porta volontaire pour faire ce travail gigantesque considérant la grosseur des familles Potvin à compter de la neuvième génération. Ce document très volumineux est maintenant disponible. Je ne joins que celui des huit premières générations pour une meilleure compréhension du présent travail.

Nous avons tous les deux une reconnaissance sans borne envers soeur Annette qui nous a servis de modèle  tout au long de cette recherche en plus de nous fournir une quantité incroyable de matériel. La lecture de son livre est un requis pour toute personne intéressée à notre histoire familiale.

Pour ma part, je me suis réservé le travail d'écriture pour retracer le plus d'information sur la vie de ces formidables ancêtres dont je  présenterai des faits historiques probablement inconnus de vous. J'en  profite pour remercier Nellie Fillion-Bois pour ses témoignages ainsi que Joseph-Henri Potvin pour les documents qu'il m'a prêtés.

Cette recherche, sous forme de synthèse de textes dont vous trouverez la liste à la fin, doit être seulement considérée comme le premier jalon d'un long voyage dans le temps pour nous permettre de retrouver d'autres faits nouveaux. Cet écrit est le premier, du moins à ma connaissance, sur la lignée d'Antoine Potvin, un colon qui a aidé à construire la ville d'Alma au Lac Saint-Jean et dont les héritiers ont repris fièrement la relève.

Jai essayé de trouver le plus de faits historiques et intéressants en respectant totalement la véracité historique. Si cependant quelqu'un trouvait une erreur, il ne faudrait pas trop m'en vouloir car cela ne serait aucunement volontaire. Je corrigerai immédiatement toute erreur qui me sera soulignée.

J'ose maintenant espérer que les plus vieux transmettront toute cette information aux plus jeunes. Il est important de s'assurer d'une relève qui y mettra les efforts nécessaires pour continuer ce travail. Il faut garder l'arbre généalogique constamment à jour en plus de continuer à déterrer des faits historiques nouveaux pour les documenter en utilisant les nouvelles technologies qui apparaissent continuellement.  Pour une meilleure diffusion, jespère qu'une brave personne se présentera pour créer un site sur internet.

Bonne lecture à toutes et tous .

Maurice Potvin

Montréal, Qc.-mai, 2001-05-29

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 Les Poitevin dit Laviolette à Québec 

Les débuts de Québec

Dès 1627, la compagnie des Cents-Associés s'était engagée à transporter en Nouvelle-France, en quinze ans, au moins 4000 personnes. Mais ceci ne se réalisa pas. Quelques colons émigrèrent mais seulement à titre d'engagés. Il fallait cependant peupler la colonie. Finalement, une obligation de transporter un certain nombre d'immigrants fut imposée à chaque navire qui faisait la traversée. Cest ainsi que de 1647 à 1663, la Nouvelle-France reçut en moyenne 20 habitants par année alors que la Compagnie des Habitants était responsable damener de nouveaux immigrants.

En 1663, le Conseil Souverain prit la décision suivante: les hommes venant au pays comme engagés seront obligés de servir 36 mois. Après cette période, ils seront libres de séjourner au pays ou retourner en France sans qu'ils puissent être retenus par la force après avoir complété leur période d'engagement. De plus, en 1664, le Conseil Souverain ordonna le retour en France de toute personne inhabile à travailler. En effet, la précarité des finances publiques ne permettait pas de supporter le poids des bouches inutiles. Il y avait aussi beaucoup d'hommes célibataires. La plupart des colons de l'époque comptaient sur l'arrivée des navires pour trouver une épouse.

Le vocabulaire du temps disait qu'un habitant était le colon qui possédait une habitation permanente. L'engagé était celui qui travaillait pour un salaire et devait servir trois années. Après 3 ans, ce dernier devenait un volontaire, étant libre de toute attache.

C'est ainsi qu'entre 1663 et 1673, la colonie reçut près de 800 filles du roi. Selon les chiffres compilés par l'historien Silvio Dumas, plus de la moitié étaient pensionnaires d'une succursale de l'Hôpital Général de Paris. Ce refuge hébergeait les femmes et filles indigentes. À cet endroit, on leur enseignait à lire, tricoter, faire de la lingerie, broderie et dentelle. On leur donnait un solide enseignement religieux. Environ 400 des filles du roi sont orphelines et la majorité ont moins de 30 ans. Comme les autorités cherchent des filles jeunes et en santé, il est normal de retrouver 76 filles âgées de 12 à 15 ans.

En 1665, Talon avait été nommé intendant. Il était un excellent organisateur. Il désirait ardemment peupler la nouvelle colonie. Contrairement à ses prédécesseurs qui avaient le même mandat, Talon prit son rôle très au sérieux et ses gestes le prouvent. Cest ainsi qu'on vit passer la population de 2500 en 1663 à 6700 en 1672 grâce à une bonne immigration et aussi un fort taux de natalité en dépit d'un très haut taux de mortalité infantile.

Ce qui précède est un condensé des pages 112 à 118 de  l'Histoire populaire du Québec tome 1 de Jacques Lacourcière.

 

 Arrivée de nos ancêtres

On pense que notre ancêtre paternel est arrivé vers 1667 tandis que notre aïeule est arrivée au printemps de 1669. Dans le cas du paternel, on ne peut pas dire si il était venu comme militaire ou comme colon. Il avait certainement une obligation de travail pour une durée déterminée. Les obligations de durée dans la colonie autant pour les militaires que les colons étaient de trois ans. Je commenterai un peu plus loin sur ceci.

 

Nos ancêtres au Bourg-Royal

Il fallait permettre aux nouveaux colons de pouvoir subvenir à leurs besoins tout en permettant de défricher le terrain qui était en très grande partie recouvert d'arbres souvent de proportion énorme puisqu'ils étaient plusieurs fois centenaires pour un certain nombre. Je n'ai trouvé à nulle part des écrits parlant des ravages causés à ces forêts millénaires avant l'arrivée des blancs.

Il y avait à l'époque, dans la région immédiate de Québec, deux seigneuries nommées Notre-Dames-des-Anges. L'une appartenait aux pères Récollets et l'autre aux pères Jésuites. Les deux étaient adjacentes et séparées par la rivière Saint-Charles.

Vers 1665, l'intendant Talon avait reçu des instructions très précises du roi. Ce dernier lui enjoignait de faire préparer trente ou quarante habitations pouvant recevoir autant de familles. Il jeta alors les yeux sur des terres inexploitées réunissant toutes les conditions de son choix. Il identifia un groupe de terres se trouvant dans la Seigneurie Notre-Dame-des-Anges des pères Jésuites. Sans plus de permission et sans aucune gêne, il emprunta ces terres. Les Jésuites protestèrent en vain même si ils avaient déjà établi une centaine de colons dans leur seigneurie qui avait le forme d'un rectangle de 16 kilomètres de longueur par environ 4 kilomètres de largeur.

La parcelle empruntée était située à plus de 6 kilomètres du fleuve et était située sur un coteau à 3 kilomètres du pied des Laurentides. Talon prit moins de 5% de la superficie totale de la seigneurie. Cest ainsi que sont nés le Bourg-Royal et deux autres: le Bourg-la-Reine et le Bourg-Talon. Ce dernier na jamais existé et le Bourg-la-Reine fut très peu développé. On utilisait souvent l'appellation de Bourg-Royal ou Bourg-la-Reine pour identifier le même bourg soit celui de nos ancêtres.

Les informations du texte précédent proviennent des pages 20 à 30 de Charlesbourg,1660-1949 , livre écrit par Reine Malouin.

 

La configuration d'un bourg

La configuration d'un bourg était originale. Elle avait été implantée par les Jésuites au trait-carré de Charlesbourg. Talon reprit l'idée. Il fit tracer sur le coteau un grand carré de quarante arpents de côté. Chaque face fut ensuite sectionnée en dix parties de quatre arpents. Les quarante points ainsi déterminés ont été réunis au point central du carré par des lignes droites menées à travers la forêt pour finalement établir un emplacement de 40 arpents. Autour de ce point central, on réserva un morceau de terre, carré lui aussi de cinq arpents de côté pour servir de mail ou commune. Sur le chemin qui l'entourait, le trait-carré comme on l'appelle encore, chaque famille devait bâtir sa demeure. Le tout constituait un bourg et favorisait une plus grande amitié et une meilleure solidarité de tous en plus de permettre une meilleure défense en cas d'attaque par les indiens. (Cette description du bourg provient d'une monographie de la famille de Zéphirin Paquet)

 

Habitant du Bourg-Royal

Notre ancêtre, au moment de son mariage, était un habitant du Bourg-Royal. Ceci signifie qu'il avait déjà une habitation. À la page 126 du livre de Reine Malouin, on dénote que le premier Jean avait le lot 716 et que son fils Jean avait le numéro 735. Je dois signaler que, d'ici quelques années, la Société historique de Charlesbourg sera en mesure de nous donner exactement l'endroit où était situé la terre de nos aïeux puisqu'un mandaté de la société fera une reconstitution de la chaîne des titres de chacune des terres concédées originalement dans le Bourg-Royal.

 

Mariage à Beauport du premier ancêtre né au Canada

Jean et Madeleine Guillaudeau se sont mariés à l'église Notre-Dame de Québec le 19 août 1669 tandis que leur fils Michel s'est marié à Beauport avec Françoise-Rose Otis le 29 octobre 1696. Rose Otis était une américaine de Dover au New-Hampshire, enlevée par des autochtones au cours de leurs incursions en Nouvelle-Angleterre. En effet, lors d'une victoire contre leurs ennemis, les autochtones avaient l'habitude d'enlever des femmes et jeunes filles en les ramenant dans leur coin de pays. Rose Otis aurait été finalement adoptée par la famille d'un certain Jacques Parent. La famille Otis a ses origines en Angleterre dans le comté de Somerset.

Un correspondant de soeur Annette, Claude Bordeleau, lui indiqua en 1993 que le premier Jean était probablement un militaire puisque, selon lui, il faisait partie du régiment de Carignan-Salières avec son ancêtre, Antoine Bordeleau. Soeur Annette croit possible que notre premier aïeul ait été membre de ce fameux régiment stationné à Sorel. Dans ses recherches à Charlesbourg, elle n'a jamais trouvé les certificats de naissance de 3 enfants nés entre 1677 et 1680. Il se pourrait donc que ces enfants soient nés durant un séjour à Sorel.

Dans le livre The good regiment, the Carignan-Salières regiment in Canada 1665-1668 écrit par Jack Verney, on y retrouve la mention d'un soldat du nom de Laviolette qui s'est établi au Canada en 1668. En plus de ce livre, j'ai vérifié les registres paroissiaux de Sorel mais je n'ai  rien trouvé à ce sujet.

 

La vie au Bourg-Royal

Historiquement en 1698, les Jésuites reprirent  les terres empruntées par Talon. Soeur Annette (page 94) nous mentionne que Jean dut remettre sa terre en 1709 faute d'avoir le temps de l'exploiter ni les moyens d'en payer les cens et la rente. En effet, chaque habitant devait payer aux Jésuites certains montants d'argent en tant que seigneurs, donc les propriétaires du fond de terrain.

À la suite de ce texte, vous trouverez une carte de Bourg-Royal en 1998. Jai visité les lieux à quelques reprises. J'y ai même rencontré un parent, Albert Potvin, un jeune homme de 82 ans en pleine forme. Ce monsieur Potvin est un descendant de Charles. ( voir tableau de la 2ième génération ) J'ai visité avec lui un endroit qui faisait  probablement partie de la terre originale de notre aïeul. Cet endroit est situé au nord-est de la rue Potvin. Ce gentil monsieur demeure toujours dans le même quartier. Jai de plus constaté quil y a encore de nombreuses familles Potvin et autres reliées par les épouses au trait-carré du Bourg-Royal. Ce trait-carré est maintenant devenu Carré-de-Tracy dans le secteur de Bourg-Royal.

Selon monsieur Potvin, le sol était de pauvre qualité. En 1998, il ny a plus aucune culture et nous retrouvons aujourdhui plusieurs terres abandonnées au Bourg-Royal. Il y a maintenant un quartier résidentiel en pleine effervescence. Plus au nord du trait-carré, il y a de nouveaux quartiers résidentiels. M.Potvin se souvient que, il y a quelques dizaines dannées, certaines terres étaient encore cultivées par la direction de l'Hôpital Robert-Giffard situé à quelques kilomètres au sud du trait-carré. Il m'a aussi souligné que ces terres de roches n'étaient que peu productives même avec une grande utilisation d'engrais chimiques.

On comprend un peu plus maintenant le pourquoi de leur abandon depuis une vingtaine d'années. On peut aussi imaginer les difficultés qu'ont éprouvées nos ancêtres pour réussir à faire pousser des récoltes nécessaires à leur survie après avoir défriché ces terrains avec peu d'outils au début et  l'aide des chevaux éventuellement. Les premiers chevaux sont arrivés en 1669 en Nouvelle-France. (page 129 du livre de Jacques Lacoursière) Le travail de colon était très dur et laborieux.

 

 Courage de ces premiers canadiens

On peut affirmer sans l'ombre d'un doute que nos ancêtres étaient extrêmement courageux, déterminés et physiquement forts pour défricher ces terres vierges et recouvertes d'arbres. Les ruisseaux et la rivière Saint-Charles devaient aussi leur fournir du poisson. La forêt faisait aussi grandement sa part puisque diverses viandes provenaient de petits et gros gibiers en plus de leur donner le bois requis pour les constructions et le chauffage. Nos grands-mères devaient besogner pour plusieurs enfants dans des conditions très difficiles que nous n'avons jamais connues et qu'il nous est même difficile d'imaginer.

On doit aussi mentionner que les habitants devaient utiliser le moulin seigneurial pour faire moudre leur blé. Le moulin utilisé par nos ancêtres est maintenant restauré. Il est situé au coin de la 80ième rue et du boulevard Henri-Bourassa, soit à une distance minimum de plus de 3 kilomètres à l'ouest du trait-carré. Aujourd'hui, le trajet se fait bien sur un boulevard moderne. Il y 325 ans, ce n'était quun sentier et on  a utilisé sans doute pendant un certain temps une charrette tirée par un boeuf si l'on ne transportait simplement pas les sacs sur le dos.

 

Famille souche de Charlesbourg

Dans son bulletin trimestriel de l'été1998, la Société historique de Charlesbourg dresse une liste des familles souches de leur ville. Les POITEVIN, ou Potvin, dit Laviolette, font partie des 78 familles souches dénombrées. Nos racines sont donc très profondes à Charlesbourg. Sont considérées comme familles souches, celles qui sont arrivées au début et comptent toujours des citoyens du nom de Potvin dans la ville.

Avec des familles de plusieurs enfants et des terres restreintes, notre ancêtre Michel a pensé avoir un meilleur avenir ailleurs. Dans son cas, il choisit la belle région de Charlevoix qui est devenue aujourd'hui un joyau touristique par excellence.

Il faut aussi ajouter que l'appellation Laviolette a cessé d'être utilisée à la troisième génération soit avec Michel qui utilisait toujours Poitevin.

Je laisse à tout lecteur sérieux le devoir de se procurer le livre de soeur Annette Potvin intitulé  Les Poitevin dit Laviolette, 1669-1692 pour en savoir davantage sur les trois premières générations de notre famille.(Pages 1 à 160). De plus, dans ces pages, on retrouvera les résultats de son inlassable travail qui nous permettent aujourdhui de connaître les origines britanniques de notre première aïeule maternelle, Françoise-Rose Otis.

 

Histoire de la paroisse de Charlesbourg

Odilon Dorion, fils de l'ancien ministre, Noël Dorion, du gouvernement de Maurice Duplessis, a publié en 1961 un document relatant l'histoire de Charlesbourg. Voici un résumé des principaux faits mentionnés dans ce document historique:

Le premier couple à s'établir à Charlesbourg serait celui de Jacquette Archambault et Paul Chalifour mariés le 28 septembre 1648. Ce couple venait de Giffard. La première chapelle fut construite en 1685. En 1666, suite à un recensement demandé par l'intendant, on dénombrait 24 habitants mariés, 10 habitants célibataires et 6 soldats. En ajoutant les femmes et enfants, la population était d'environ 100 personnes. Cela comprenait aussi St-Ambroise de Lorette.

La première église fut construite entre 1671 et 1673 sur l'emplacement de l'église actuelle. La paroisse fut desservie par les Jésuites jusqu'en 1678 alors que les prêtres séculiers prirent la relève.

En 1683, Mgr de Laval fit faire un recensement. On parlait alors d'une population de 397 âmes en 97 familles. Cette paroisse était composée de 7 villages: St-Claude, La Petite Auvergne, le Bourg-Royal, St-Joseph, St-Bernard, le Petit St-Antoine ou St-Romain. En 1705, il y eut une nouvelle délimitation et la paroisse comprenait alors: le Petit Village, le Gros Pin, St-Jérôme dit l'Auvergne, Bourg-Royal, Bourg-La-Reine, Charlesbourg, St-Claude, St-Pierre, St-Joseph, St-Bonaventure, St-Bernard, St-Romain, St-Gabriel, St-Jacques, Pin-Court, le Petit St-Antoine et le Grand St-Antoine.

Cest à Charlesbourg que revient l'honneur d'avoir ouvert la première école paroissiale en Nouvelle-France.

L'année 1759 fut terrible: invasion et prise de Québec par les Anglais. Charlesbourg a beaucoup souffert pendant ce siège. Plusieurs hommes firent partie de la milice et laissèrent leurs familles pour aller au combat. Un grand nombre de réfugiés de l'Île dOrléans et Québec passèrent trois mois à Charlesbourg. Beaucoup de résidences furent pillées par les soldats français et canadiens poussés à bout par la misère et la privation de tous genres causées par la mauvaise administration de l'intendant Bigot et ses amis.

Pour se rendre à Québec, il fallait traverser la rivière St-Charles en bac, à marée haute, ou à gué (à pied) à marée basse. Le premier pont sur cette rivière fut construit en 1787. On le nomma le pont Dorchester en l'honneur du gouverneur du temps. Les piétons payaient un sou pour passer sur le pont.

 

Le moulin des Jésuites

Le moulin des Jésuites est située au coeur du Trait-Carré de Charlesbourg. Il est aménagé sur une des premières seigneuries de la Nouvelle-France, celle de Notre-Dame-des-Anges concédée aux pères Jésuites le 10 mars 1626.

Désireux de pousser plus avant le peuplement de la seigneurie, les Jésuites y établirent un bourg sur le coteau nord surplombant ainsi la la vallée de la rivière Saint-Charles. Cette initiative fait suite à un arrêt royal promulgué en 1663 par Louis XIV obligeant les habitants de la Nouvelle-France, tout comme ceux de la mère-patrie, à se regrouper en bourgs ou bourgades.

En concédant aux Jésuites la seigneurie Notre-Dame-des-Anges, le vice-roi exigea d'y faire construire un moulin à l'usage exclusif des censitaires  pour y faire moudre leur blé, avoine, orge et sarrasin. Vers 1740 seulement, un moulin à eau fut érigé sur un terrain traversé par la rivière de la Cabane-aux-Taupiers, située à proximité de l'église de Charlesbourg. À l'origine, le mécanisme du moulin est actionné par une roue à godets alimentée en eau par un ruisseau qui dut être détourné à bras dhommes.

En 1800, les Jésuites ont vendu ce moulin qui a eu de nombreux propriétaires par la suite en plus de subir de multiples transformations. On y a moulu du grain jusqu'en 1940. Après une période d'abandon, le moulin fut restauré et est devenu depuis 1992 un centre d'interprétation historique. Le Trait-Carré de Charlesbourg fut proclamé arrondissement historique en 1965. Il constitue l'un des joyaux du patrimoine régional. On peut visiter le moulin en se rendant au 7960, boulevard Henri-Bourassa.

Ce texte sur le moulin est un condensé d'une brochure préparée par le ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec.

 

Quelques dates historiques...

1608: Champlain débarque au pied du cap Diamant et fonde Québec.

1617: Arrivée de Louis Hébert, premier agriculteur de la colonie. Il s'établit avec son épouse Marie Rollet et leurs trois enfants.

1625: Arrivée des Jésuites.

1627: Fondation de la Compagnie des Cents-Associés qui est déterminée à coloniser la Nouvelle-France. La compagnie avait le devoir d'amener 300 colons par année jusquen 1643.

1641: Population de la Nouvelle-France: environ 300.

1646: Fondation de la première brasserie de bière par le frère Ambroise et les Jésuites.

1647: Création du Conseil de Québec chargé de l'ordre et la justice en Nouvelle- France. Le supérieur des Jésuites en faisait partie avec les gouverneurs de Québec et Montréal.

1663: Création du Conseil Souverain qui remplace le Conseil du Québec. Il est le premier appareil politique de la Nouvelle-France, élevéeau statut de province française.

1665: Nomination de Talon comme intendant. Il est responsable de la  justice, police et finance dans la colonie. À sa demande, il est relevé en 1668 mais revient en 1670 jusquen 1672 alors qu'il quitte le Québec à cause de sa mauvaise santé.

1664: Monseigneur Laval devient évêque de Québec.

1668: Construction de la première brasserie commerciale de bière par Talon. Cette bâtisse devint les voûtes Jean-Talon au cours du 20 ième siècle.

1685: Le Conseil Souverain perd son droit de faire des règlements de police générale en l'absence du gouverneur et de lintendant.

1687: Mgr.Laval devient propriétaire de la seigneurie de Beaupré.

1689: Population de la Nouvelle-France:15000.

1735: Ouverture du chemin du roy entre Québec et Montréal. Un aller avec un seul cheval prend 4 jours. Il y a 13 ponts.

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 La région de Charlevoix

Il y a 350 millions dannées, un bolide colossal a creusé l'immense cratère qu'est Charlevoix. Le météorite, d'un diamètre de 2 kilomètres et pesant 15 milliards de tonnes, est sous le mont des Éboulements à 5 kilomètres sous la surface. Le mont des Éboulements, d'une hauteur de 768 mètres, est probablement le ressac de la matière percutée et liquéfiée par la chaleur.

Le cratère, bordé par la couronne d'effondrement, a 56 kilomètres d'un bord à l'autre. Ce cratère comprend le secteur de Baie Saint-Paul à Cap-à-lAigle en formant une demi-lune qui englobe les secteurs de Clermont, Notre-Dame-des-Monts et Saint-Urbain. Le plancher du cratère devint habitable et il s'est formé 2 rivières: du Gouffre et Malbaie.

 

Les habitants du cratère

Le cratère permit la colonisation d'une étroite zone circulaire au milieu de la partie la plus abrupte et la plus austère du massif Laurentien. L'accès à la mer y est resté difficile, le sol rocailleux et les ressources naturelles rares. Les premiers habitants furent les Montagnais qui y ont planté leurs tentes au passage. Ce n'était jamais pour longtemps en laissant peu de traces. Dans cette terre accidentée, il n'y avait pas beaucoup d'endroits pour installer des villages, dit Jean Des Gagniers, auteur de Charlevoix, pays enchanté.

Samuel de Champlain n'avait pas été impressionné: Toute ceste coste, tant du Nord que du Su, depuis Tadoussac jusques à l'isle dOrleans, est terre montueuse & fort mauvaise, où il n'y a que des pins, sappins, & des rochers très mauvais, où on ne sçauroit aller en la plus part des endroits.

Les pins, dont parle Champlain, fournissent toutefois la première ressource naturelle de Charlevoix. Vers 1670, l'ntendant Jean Talon envoie 20 hommes à la Baie Saint-Paul pour fabriquer du goudron avec la résine des conifères qui y abondent. À partir de ce moment, des familles s'installent dans la région, d'abord le long de la rivière du Gouffre, ensuite à Saint-Joseph-de-la-Rive (alors les Éboulements-en-bas), à l'Île-aux-Coudres et à La Malbaie.

Dès le début des années 1800, la majeure partie de l'espace habitable de Charlevoix est occupée. Les terres manquent et les gens se voient contraints démigrer; 80 % des premiers colons du Saguenay sont de Charlevoix.

Ce premier texte est un résumé d'un article paru dans Géographica de Mai-Juin, (pages  4 à 11)volume 2, numéro 3. Géographica était un encart du  magazine l'Actualité de mai 1998.

L'arrivée de l'intendant Talon en 1665 marque une étape importante pour Charlevoix. Talon reçoit le mandat de développer sur place une économie fleurissante. On le renseigne sur les richesses minérales découvertes dans la région de Baie-Saint-Paul depuis le tremblement de terre de 1663. Préoccupé à trouver et produire des matériaux pour les chantiers navals, il encourage plutôt la fabrication du goudron et des mâts. Les artisans de cette production sont Pierre Dupré et Jean Serreau-de-Saint-Aubin. La région demeure une terre de passage. Les engagés s'installent mais sans être propriétaires des terres qu'ils occupent.

 

Le système seigneurial au Canada

Il ne fait pas de doute, écrit l'historien Fernand Ouellet, que, dans sa colonie du Saint-Laurent, la France avait prévu la mise en place d'une société d'Ancien Régime et qu'elle a utilisé le système seigneurial à cette fin. La stratégie qu'elle suit avec persévérance dans la distribution gratuite des fiefs vise non seulement à pourvoir le premier des Ordres, le clergé, mais surtout à favoriser l'enracinement d'une noblesse forte, capable d'assumer pleinement son rôle militaire, politique et social.

Ainsi, la politique des responsables des concessions gratuites de seigneuries vise non seulement à pourvoir la noblesse mais, en plus et en partie, à préparer cet accès de bourgeois à la noblesse. Les octrois de fiefs aux roturiers sinspirent des mêmes critères que ceux qui procèdent aux anoblissements. Il y a donc interaction entre les administrateurs coloniaux et les candidats au titre de seigneur.

Le censitaire recevait du seigneur un lot en concession. Le lot concédé mesurait généralement quatre arpents de front sur le fleuve sur une quarantaine d'arpents de profondeur. Le censitaire s'engageait à  tenir feu et lieu sur cette terre vivant d'agriculture et de pêche. Ces premiers colons construisent leurs habitations près du fleuve. De plus, la forêt toute proche leur offre un riche territoire de chasse fournissant un appréciable apport alimentaire.

Le censitaire devait habiter et exploiter l'espace entre la grève et l'escarpement de la première terrasse. En ce début de colonisation, le fleuve demeure la voie de communication la plus rapide et accessible; ainsi chaque censitaire bénéficie d'un accès au fleuve.

Le noyau des premiers villages se fixera en bordure de l'eau et les premiers établissements s'aligneront tout près du fleuve. Progressivement, les colons s'éloigneront, non pas à cause de la crue des eaux mais parce qu'au fur et à mesure que la terre est défrichée, les espaces cultivés augmentent et les terres en culture se trouvent de plus en plus éloignées de l'eau. Par conséquent, les habitations s'établiront non plus à l'extrémité mais plus au centre de leur terre. Ce déplacement tiendrait aussi au fait que le fleuve ait perdu peu à peu de son importance au cours des années. Les paroisses pourront alors communiquer par des chemins terrestres et, dès lors, les habitations seront construites le long de ces chemins. Quelques décennies plus tard, le chemin de fer facilitera les communications.

Il se produit aussi un phénomène de démographie: la première rangée de concession ou le premier rang devenant rapidement surpeuplé, on ouvre alors une seconde rangée de concession à l'arrière de la première, puis une troisième, une quatrième et ainsi de suite.

On parle souvent de banal. Un banal appartient au ban, circonscription du suzerain ou du seigneur. Fours et moulins banaux: les censitaires de la seigneurie devaient s'en servir en payant une redevance au seigneur.

La féodalité française, transportée en Amérique avec certaines modifications, survécut à la Conquête. Cette forme de tenure fut confirmée par l'Acte de Québec en 1774 pour être abolie en 1854.

Ce texte vient de  Itinéraire et découvertes culturelles au Bas Saint-Laurent par Pascal-André Rheault et Gilles Gaudreau-Centre dédition des Basques, Trois-Pistoles, 1999.

 

Les seigneuries de Charlevoix

Nos ancêtres ont vécu plus de 120 ans dans la région de Charlevoix. Cette région comptait plusieurs seigneuries soit celles de Beaupré, du Gouffre, des Éboulements, de  l'Île-aux-Coudres et enfin de La Malbaie qui se sont peuplées au cours des années et dans lesquelles nos ancêtres et/ou certains membres  leurs familles ont vécu.

 

La seigneurie de Beaupré.

Le texte qui suit provient de faits mentionnés dans le livre de Paul Médéric : Messieurs du Séminaire.

 

Limites de la seigneurie et premiers habitants

La seigneurie de Beaupré fut concédée en 1636 à la Compagnie de Beaupré. Cette seigneurie s'étendait de la rivière Montmorency à celle du Gouffre; cette dernière sépare Baie-Saint-Paul en 2 parties. Ceci semble être aujourd'hui une aberration mais, dans le temps, la rivière du Gouffre était une frontière naturelle. Le territoire compris entre la rivière Montmorency et le Cap Tourmente  présente des avantages pour un établissement agricole. Quant à l'autre moitié, elle est toute faite de montagnes et ne promet que des établissements difficiles à part la vallée de la rivière du Gouffre et la petite prairie à Saint-François-Xavier, communément appelé Petite-Rivière-Saint-François.

Pendant plus d'un quart de siècle, après 1636, la paix la plus complète continue de régner dans la vallée car les directeurs de la Compagnie qui ont les droits sur cette seigneurie demeurent à Paris et n'y mettront pas les pieds pour la plupart.

Vers 1657, il y des initiatives de développement dans le secteur du Cap Tourmente alors que Julien Fortin dit Bellefontaine devint un sociétaire de la Compagnie et s'établit à cet endroit en cédant sa propriété de Château-Richer.

En 1659, Monseigneur de Laval arriva à Québec. Il avait hérité d'une partie de la fortune familiale et, après quelques années, il jugera à propos de pourvoir son oeuvre en terre canadienne. Ainsi en 1662, il achète la part de Julien Fortin et par la suite, au cours des 5 autres années, il achètera les participations de tous les autres sociétaires pour devenir le seul et unique propriétaire de la Compagnie de Beaupré qui deviendra alors la seigneurie de Beaupré, administrée par les messieurs du séminaire de Québec.

En 1664, Jean Serreau sieur de Saint-Aubin tua le présumé amoureux de son épouse, un suisse du nom de Jean Terne. Ce Serreau disparut et se retrouva en France. On le cherchait partout au Canada pour lui faire subir un procès en bonne et due forme en accord avec un édit du Conseil Souverain. En France, avec l'intercession d'amis bien plaçés, il raconta son histoire à la cour du roi Louis XIV en plaidant légitime défense. Il sollicita la grâce royale et il l'obtint.

En 1666, il revint en Nouvelle-France. Il eut par la suite d'autres démêlées avec le Conseil Souverain. Il disparut par la suite de la circulation. En 1675, Monseigneur de Laval, à son retour d'un long voyage en France, trouva la famille de Jean Serreau établie à Baie-Saint-Paul. Plusieurs indices autorisent à croire qu'il s'y est établi clandestinement avant 1670. Il avait pris possession des meilleures terres de la vallée abusivement concédées sur billet par le Gouverneur Frontenac à Léonard Pitoin, Pierre Dupré et Bernard Gonthier. En 1672, il avait de plus obtenu un permis d'exploitation de Talon lorsque ce dernier  y installa sa Goudronnerie Royale. À l'été de 1676, il fut avisé de lever les pieds par l'émissaire de Mgr de Laval. Il fut en partie dédommagé pour ses installations. Il retourna ensuite en France avec sa femme et ses enfants. Le nom  de Saint-Aubin n'est pas complètement oublié car une école de Baie-Saint-Paul porte toujours son nom en ce début de vingt-et-unième siècle.

 

 Deuxième ferme de la seigneurie

En se portant acquéreur de la ferme de Serreau, Monseigneur de Laval avait alors sa ferme à Baie-Saint-Paul. Il voulut en faire un modèle de celle de Saint-Joachim. Cette dernière avait aussi une école de métiers pour permettre aux jeunes hommes d'apprendre divers métiers requis à cette époque. Il attire des colons sur des terres qu'il cède en métairie i. e. le colon s'engage à cultiver la terre avec la condition d'en partager les fruits et récoltes avec le propriétaire. Il liquide aussi les biens de la goudronnerie et indemnise les artisans. Il concède des terres sur la côte de Saint-François-Xavier (Petite-Rivière-Saint-François) à Claude Bouchard qui sengage à travailler sur la ferme de Baie-Saint-Paul. En 1678, Noël Simard dit Lombrette s'installe à Baie-Saint-Paul suivi de Pierre Tremblay en 1679. Les Messieurs du Séminaire ont adopté pour politique de garder pour eux les terres de la Baie aussi longtemps que possible. Cette pratique ne fut pas un succès car le Séminaire réalisera tôt qu'il ne rencontre pas ses frais d'exploitation. Le moulin à scie fut un plus grand succès et, de 1690 à 1700, Baie-Saint-Paul devint un vaste chantier de coupe de bois.

Petite-Rivière-Saint-François est un des premiers lieux d'habitation de Charlevoix. Il fut nommé ainsi par Champlain lors de son voyage de1603. Le deuxième colon à s'y établir fut René De Lavoye(Lavoie) en 1677. Il fut suivi par Jacque Fortin en 1678, Prisque Simard en 1680 et Pierre Tremblay en 1685, ce dernier en provenance de Baie-Saint-Paul. La première église fut construite en 1738. Elle fut démolie et remplacée en 1903.

Baie-Saint-Paul faisait partie de deux seigneuries. La plus grande partie était dans la seigneurie de Beaupré et la seconde couvrait entièrement la petite seigneurie du Gouffre concédée à Pierre Dupré en 1682. La seigneurie des Éboulements  est cédée aux frères Lessard en 1683. Celle de l'Île-aux-Coudres a un statut spécial tout en relevant de celle des Éboulements.

 

La Seigneurie du Gouffre 

Le texte suivant provient d'information tirée du volume de Paul Médéric Les seigneurs du Gouffre.

Cette petite seigneurie était enclavée entre la seigneurie de Beaupré limitée par la rivière du Gouffre et celle des Éboulements. Ses quatre lieues de profondeur la font s'étendre le long de la rivière du Gouffre tandis que la demi-lieue de front sur le fleuve jointe aux dix arpents de Mgr de Laval s'élargit en descendant vers le Cap-aux-Oies selon l'expression même de l'acte de concession.

 

Le seigneur Dupré

Le futur seigneur Pierre Dupré est familier avec le territoire de la nouvelle seigneurie. Il a parcouru ses terres de long en large avec les ouvriers de la  goudronnerie, les prospecteurs et les traitants de fourrure. En plus de travailler à la Goudronnerie, il avait défriché des terres que lui avait concédées illégalement le gouverneur Frontenac. Ces terres furent éventuellement reprises par Mgr de Laval car elles faisaient partie de la seigneurie de Beaupré. Finalement, le gouverneur Lefebvre de la Barre, sur l'insistance de Dupré, lui remit les titres de propriété de la seigneurie du Gouffre que Frontenac lui avait promis pour le compenser de la perte de la  terre lorsqu'il fut évincé par Mgr de Laval. Il faut ajouter ici que les 2 anciens partenaires de Dupré à la Goudronnerie n'étaient plus dans le paysage. Pitoin est retourné en France et Gonthier s'est installé à Québec.

En avril1680, Pierre Dupré, colon célibataire de 36 ans, maria à Sainte-Anne la veuve Catherine Caron, âgée de 31 ans, et mère de cinq filles. La nouvelle famille Dupré s'installa immédiatement à Baie Saint-Paul et Dupré a été ainsi forcé de défricher une nouvelle terre. L'arrivée du seigneur du Gouffre signifiait aussi que la Baie-Saint-Paul était ouverte à la colonisation.

Leur fille aînée Barbe, âgée de 15 ans, s'est mariée en novembre de la même année avec Ignace Gagné, âgé de 24 ans. Ce dernier était alors un colon de la Seigneurie de Beaupré. Les témoins de ce mariage étaient Noël Simard dit Lombrette, Pierre Tremblay et Jacques Cauchon, tous des employés des fermes de Mgr de Laval. Le nouveau milieu de vie commence à s'intégrer entre les différentes familles. Pierre Dupré mourut subitement en 1722. Son épouse mourut 3 ans plus tard.

 

Les seigneurs Simard et Gagné

La succession du couple Caron-Dupré ne fut finalement réglée qu'en octobre 1738 par suite de nombreuses complications. Jacques Gagné, un parent, avait administré la seigneurie en son nom et en celui des autres héritiers. La seigneurie devint alors la propriété de 2 seigneurs: Noël Simard, âgé de 40 ans, et Ignace Gagné, âgé de 45 ans, qui ont réglé les héritiers à la satisfaction du tribunal. Le grand perdant fut l'administrateur intérimaire Jacques Gagné. Noël Simard mourut en 1758 suivi d'Ignace Gagné le printemps suivant. Noël Simard eut successivement trois épouses: Catherine Fortin, Marguerite Cauchon et Véronique Thibaut. Ignace Gagné était marié à Angélique Dufour. Les co-seigneurs pouvaient s'appuyer en toute confiance sur des héritiers et successeurs adultes, mariés et entreprenants.

Cest ainsi que Jacques Simard, marié à Cécile Gauthier dit Larouche, et Ignace Gagné, marié à Agathe Perron et en secondes noces à Geneviève Lavoie, deviennent co-seigneurs. Il faut ajouter que dans la famille des Gagné,  les Ignace se succèdent de génération en génération. En Nouvelle-France, les anoblissements furent rares et il est difficile d'en contrôler l'origine et toute l'histoire. Toujours est-il que Jacques Simard est reconnu comme le Comte de Rat-Musqué le 15 octobre 1764 lors d'un grand mariage. En effet, ce jour-là, Marie-Dorothée-Luce-Renée Simard, demie-soeur du seigneur du Gouffre, parce qu'elle est la fille de son père Noël Simard et Marguerite Cauchon, maria Prisque Potvin, le fils aîné de Michel Potvin et Félicité Tremblay.

 

Le seigneur Drapeau

En 1790, Joseph Drapeau fit l'acquisition de la seigneurie de Jacques Simard et Joseph Gagné qui l'avaient héritée de leur père. Les 2 héritiers étaient venus à la conclusion que leur fief était trop exigu et ne pourrait jamais enrichir ses détenteurs. Ils devront rester cultivateurs tout comme leurs censitaires.

Simard aurait entrepris les négociations avec Drapeau puisque son père venait de mourir en laissant  quatre enfants d'un premier lit dont deux sont encore mineurs, deux autre mineurs du second lit, dont il est lui-même tuteur, et une belle-mère qui ne tient pas à demeurer à la tête d'une telle maisonnée. De plus, il a lui-même un projet de mariage. Dans les actes notariés, on note que Simard avait construit un moulin banal à farine et même un moulin à planches. Il s'agissait cependant  de bâtiments rudimentaires aménagés sur le ruisseau du Rat-Musqué.

Simard régla en acceptant de l'argent qu'il avait grandement besoin pour finalement régler les affaires en suspens dans sa famille: en particulier la liquidation des communautés de bien avec la première épouse de son père ainsi qu'avec la seconde toujours vivante en plus du veuf de sa soeur qui avait droit au quart du partage. De son côté, les Gagné acceptèrent une terre de quelque 10 arpents sur 42 de profondeur dans la seigneurie de La Molaie, appartenant à Drapeau et située à la Pointe-aux-Pères  sur la rive-sud du Saint-Laurent.

 

Agrandissement de la seigneurie

Drapeau voulut rapidement agrandir sa nouvelle seigneurie. Il acheta finalement une partie de celle des Éboulements du seigneur Jean-François Tremblay avec qui il était déjà en affaires. La partie achetée correspond aujourd'hui aux rangs actuels de Sainte-Croix, Saint-Ours, Sainte-Catherine et Misère. Il érigea un moulin banal aux abords du ruisseau Michel Bouchard, au pied des côtes de Sainte-Croix. Le bâtiment fut construit par Jean-François Tremblay. À mesure que des routes pouvaient y donner accès, les rangs nommés les Hauts soit ceux de Saint-Ours, Sainte-Croix, Sainte-Marie, Saint-Georges, Sainte-Catherine ( Tourlognon) et Raccourcy se peuplèrent. Sans que l'on sache pourquoi, la seigneurie fut appelée la seigneurie de l'Aiguille.

Après le décès de Drapeau  en 1810, sa veuve continuera d'agrandir cet immense domaine de la même façon. Pendant 150 ans, les habitants de toutes ces terres vont acquitter leurs cens et rentes seigneuriales aux héritières Drapeau sans qu'elles, moins encore que leur père, n'y mettent jamais les pieds.

 

Fin du régime seigneurial

En 1850, le temps était venu de se débarrasser d'un régime devenu désuet. En 1854, on demanda à tous les détenteurs de seigneuries de faire dresser le cadastre de leurs terres par un arpenteur-géomètre et de le produire au gouvernement avec une évaluation adéquate.

En 1859, le système seigneurial fut aboli pour être remplacé par le système municipal actuellement en vigueur.

La première étape de mise en place du nouveau système fut de suspendre tous les droits lucratifs en supprimant toutes les rentes foncières et de banalité. En échange, le gouvernement versa aux seigneurs des dédommagements variant entre 5 et 12% de la valeur foncière. Finalement avec la loi de 1861, les concessionnaires de la seigneurie du Gouffre devenaient en pratique les propriétaires de leurs terres en les rachetant. Lorsqu'ils les avaient rachetées, ils n'avaient pas de pourcentage à verser au seigneur et n'étaient plus tenus de faire moudre au moulin banal de la seigneurie. Ceux qui n'avaient pas racheté leur terre continuaient à payer le cens et les rentes seigneuriales annuelles aux héritières Drapeau. Ce dernier reliquat du régime seigneurial fut racheté par le gouvernement en 1941.

 

La seigneurie des Éboulements

Le texte suivant est préparé à partir de renseignements tirés du livre de Jean-Paul-Médéric Tremblay Être seigneur aux Éboulements.

Cette seigneurie fut concédée en premier à Jean Bourdon en 1653 et le sieur Gautier de la Comporté prit la relève en 1672. Ces deux seigneurs ne firent rien pour assurer son développement.

Étienne Lessard est établi sur la côte de Beaupré depuis un demi-siècle lorsqu'il obtient du gouverneur la concession en seigneurie de l'Île-aux-Coudres en 1677. Dans ce temps-là, il y avait un délai d'un an pour enregistrer auprès du roi la confirmation de son titre. Il ne le fit cependant jamais.

Puisque son fils aîné prendrait sa relève, il voulait établir les deux autres garçons qui suivaient de près, Pierre et Charles. Pour lui, la seigneurie des Éboulements était un bon endroit. Ainsi, en 1683, ces 2 frères se sont fait octroyer la seigneurie des Éboulements par le gouverneur et l'intendant du temps.

Charles Lessard se maria en 1684 avec Anne Caron, fille de Robert. Charles acheta une ferme, peu de temps avant son mariage, non loin de la maison de son futur beau-père. Il éleva sa famille à cet endroit et le couple eut 12 filles et 2 garçons.

Son frère Pierre ne se maria quen 1690 en épousant Barbe Fortin dit Bellefontaine, fille de Julien. Il semblerait que ce couple se soit établi de l'autre côté du fleuve dans l'Islet. Entre-temps, Étienne Lessard avait revendu sa concession de l'Île-aux-Coudres en 1687.

Les frères Lessard ne firent rien à leur seigneurie de 1683 à 1710. Elle fut finalement rétrocédée en 1710 lorsque Pierre Tremblay s'en porta acquéreur.

 

L'arrivée du seigneur Pierre Tremblay

Pierre Tremblay, alors âgé de 50 ans,  habitait la Petite-Rivière-Sainte-François depuis déjà 25 ans. Il était marié en secondes noces en 1685 à Marie-Madeleine Roussin. Elle lui a donné 7 garçons et 6 filles. Un garçon était né du premier mariage et avait coûté la vie à sa mère. Marie-Madeleine Roussin était la fille de Marie-Madeleine Tremblay, la soeur de Pierre, et Nicholas Roussin. Ainsi ce dernier qui était le beau-frère de Pierre Tremblay devint aussi son beau-père. Lors de son mariage, Marie-Madeleine Roussin n'avait que 16 ans. Elle a joué un rôle capital dans ce ménage de pionniers. Pierre Tremblay et son épouse continuèrent à vivre à la Petite-Riviere-Saint-François mais ils établirent leurs fils et gendres dans leur seigneurie aux Éboulements. C'est aussi pour cette raison que plusieurs l'ont souvent nommé la seigneurie des Tremblay. Pierre mourut en 1736.

 

Après le décès de Pierre Tremblay

La veuve de Pierre, Marie-Madeleine Roussin alors âgée de 67 ans, se montre plus résolue que jamais à assumer les charges de chef de famille et pendant 15 ans elle aura la gouverne de la seigneurie. Par hérédité, son fils Étienne Tremblay devint le deuxième seigneur de la seigneurie des Éboulements même s'il laisse sa mère l'administrer. Il faut aussi ajouter que cette seigneurie avait été acquise avec l'argent de l'héritage de Marie-Madeleine. La seigneurie était donc la sienne plus que celle de son époux. Elle décéda aux Éboulements dans la maison domaniale en 1752 à l' âge de 83 ans.

Étienne est devenu activement  le deuxième seigneur en 1754 et n'a pas vécu une existence facile à cause de la situation délicate où il se trouvait vis-à-vis ses soeurs et frères principalement causée par la présence régulière de sa mère au cours des quinze années précédentes. Le règlement de la succession n'est pas parvenu à faire taire toutes les insatisfactions. Il a été obligé de se défendre devant la haute instance du gouverneur Murray en 1763 puisque des fils de ses frères Nicolas, Jean et Louis entreprirent des procédures judiciaires. En 1765, un jugement de cour est rendu en sa faveur. Une nouvelle contestation de la part des neveux survint par après. Le litige n'était pas réglé à son décès en septembre 1767 à l'âge de 77 ans. Il semble cependant que les disputes ont cessé avec son décès.

 

Fin des seigneurs Tremblay

Le deuxième fils d'Étienne père, Jean-François, devient le troisième seigneur même s'il est  le cadet  de son frère Étienne. La coutume  du temps était que le fils aîné succédait au père à son décès. On ne connaît pas la raison mais il semble que le tout s'est fait à lamiable entre soeurs et frères. Ce seigneur apparaît comme un témoin de premier ordre des évènements de sa période. Il occupe le premier rang de la petite société qui se développe aux Éboulements comme seigneur et surtout parce qu'il s'est trouvé comme agent principal au centre d'activités décisives comme la construction de moulins, églises, routes, maisons sans parler de la distribution des lots de terre aux habitants. Cet homme a eu aussi une longévité exceptionnelle pour son époque en mourant à l'âge de 98 ans.

Étienne fils aurait vaqué aux affaires de sa seigneurie jusquà l'âge de 76, soit en 1806. Son fils Louis aurait alors pris une part plus active en signant des concessions à des Tremblay de la parenté.

 

Vente de la seigneurie par les Tremblay

Finalement au début de 1810, la seigneurie est vendue à un médecin de Québec du nom de Pierre de Sales Laterrière, au seuil de la retraite. Il est marié à Marie-Christine Delzenne. Il est le père de deux fils, eux aussi médecins, Pierre-Jean et Marc-Pascal, et d'une fille de 30 ans, Dorothée-Élizabeth. Cette dernière vit toujours avec ses parents et administre un magasin, propriété de son père. Le nouveau seigneur avait été présenté au seigneur Tremblay par le curé des Éboulements, Jean-Baptiste-Antoine Marcheteau.

Pierre de Sales Laterrière était arrivé à  Québec à  l'âge de 20 ans. Il était le fils cadet de famille noble  et a obtenu un certificat de la célèbre université Harvard de Boston l'autorisant à pratiquer la médecine. Il est un des premiers licenciés de cette université. Il aurait aussi écrit ses Mémoires. Tout en habitant la ville de Québec, il faisait des séjours plus ou moins longs dans sa seigneurie.

 

Décès du seigneur de Sales Laterrière

Une partie de l'héritage de Pierre de Sales Laterrière était toujours en France. En novembre 1814, il  confia à son fils aîné, Pierre-Jean,  la mission d'aller quérir ce patrimoine en France. Pendant son séjour en France, Pierre-Jean apprit la nouvelle du décès de son père le 19 juin 1815. Dans une lettre du 28 juillet à sa famille, il fait l'annonce de son mariage le 8 août avec Mary-Ann Bulmer, une riche héritière britannique. Il revint au pays avec sa nouvelle épouse au printemps de 1816.

 

Marc-Pascal de Sales Laterrière est le nouveau seigneur

Vu la fortune personnelle de son épouse et avec l'assentiment de cette dernière, il céda ses droits sur la seigneurie à son frère, Marc-Pascal, pour aussi assurer à sa mère et à sa soeur la sécurité qu'elles avaient besoin en leur garantissant des rentes viagères. Marc-Pascal devint alors le nouveau seigneur des Éboulements. Pierre-Jean retourna en Angleterre en 1823 pour s'occuper de la grande fortune que son épouse héritait à la suite de la mort de son père.

Marc-Pascal commence une longue carrière en politique lorsqu'il fut élu comme député du grand comté de Northumberland à l'Assemblée de Québec. Il partage son temps entre Québec et son manoir aux Éboulements cumulant avec ses activités médicales et ses fonctions de député les aménagements paysagers de son domaine. Sa mère et sa soeur assumèrent longtemps les fonctions d'hôtesses  et maîtresses des céans car il était toujours célibataire à 33 ans.

Cependant en 1825, il se présente aux fonts baptismaux à l'église des Éboulements avec un nouveau-né qu'on déclare né de parents inconnus mais qu'on inscrit sous le nom de François-Xavier Laterrière. On a appris par la suite que cet enfant avait été conçu par le bon médecin et la bonne de la maison qui se nommait Salomé Janot. Elle fut au service de la famille pendant plus de soixante ans.

François-Xavier fut élevé au manoir par sa mère. Il devint médecin comme son père Marc-Pascal et son grand-père (bon sang ne saurait mentir). Il se retrouva à Chicoutimi avec l'aide de son père mais demeura surtout à La Malbaie. Il a marié Mary Ann Slevin et le couple eut 8 filles et deux garçons. Il pratiqua la médecine dans tout le Saguenay et sur la Côte Nord.

Pierre-Jean qui avait décidé de s'installer en permanence dans la seigneurie décéda aux Éboulements en décembre 1834 peu de temps après son retour d'Angleterre.

 

Le seigneur se marie enfin

Le seigneur prit finalement épouse à lâge de 43 ans. En effet, le 23 juin 1835, il lia sa destinée à Eulalie-Antoinette Dénéchaud, dans la vingtaine, une des filles d'un vieil ami, Claude Dénéchaud, seigneur de Berthier et administrateur de la seigneurie de Bellechasse avec les religieuses de l'hôpital général de Québec. Le couple eut 5 enfants.

Il quitta la politique en 1864 alors qu'il avait 72 ans. On rapporte que le le père docteur, comme les gens appelaient le vieux médecin, répondait encore aux appels des malades, même durant la nuit. Il   mourut en  mars 1872. Son dernier fils, Charles-Edmond, le cinquième médecin de la ligne, fut désigné par son père comme premier héritier et futur maître du domaine seigneurial. L'épouse de Marc-Pascal mourut à lâge de 88 ans.

Parallèle entre le Tremblay et les de Sales Laterrière

En terminant, l'auteur fait ressortir un rapide parallèle. La famille Tremblay s'est hissée par le seul élan de sa vigueur et sans aucune tradition ancestrale sur le palier des seigneurs de la Nouvelle-France. Au bout d'un siècle, en se retirant,  elle n'a gardé aucun vestige ou signe de son expérience seigneuriale, au point que ses descendants ont tout à apprendre à la lecture de la présente monographie. De l'autre côté, la famille Laterrière, comme on a pu le constater, détenait déjà, en arrivant aux Éboulements, un patrimoine bien défini par son homme-souche dans des Mémoires qu'il a pris soin de léguer à ses héritiers en même temps que la seigneurie elle-même.

 

Seigneuries de La Malbaie

Lent début

À deux reprises, La Malbaie fut concédée en seigneurie au début de la colonie. Une première fois en 1653 à Jean Bourdon et une autre fois en 1672 à Philippe Gaultier de la Comporté. Les deux n'y ont jamais mis les pieds et rien n'a été fait pour y établir des colons. En 1687, le Sieur de Comporté vendit les deux tiers à François Hazeur, Pierre Soumande et Louis Marchand. De plus, Gaultier de Comporté meurt avant même d'avoir finalisé les clauses de la nouvelle société alors que Louis Marchand s'est lui-même désisté. Finalement, François Hazaur achète le tiers de la seigneurie qui appartenait à Gaultier de Comporté. Hazeur devient actionnaire majoritaire.

La nouvelle société  construit un moulin à scie à La Malbaie en 1688. Le projet est cependant peu rentable et ne trouve pas preneur à cause de la faible qualité du bois. Soumande meurt en 1700 et François Hazeur devient propriétaire unique même si sa situation financière n'est pas bonne. Il meurt en 1708.  Ses fils héritiers, les chanoines  Pierre et Thierry, s'en occupent très peu et vendent finalement  au Domaine du roi en octobre 1724. La Malbaie redevint alors un poste de traite. Deux fermes furent aussi établies pour nourrir les gens qui y demeuraient. Lune de ces fermes était située sur les bords de la rivière Mailloux  (ferme La Malbaie) tandis que l'autre (ferme de Comporté) était au nord-est de le rivière Malbaie .L'on sait seulement que, de 1750 à 1759, un certain Joseph Dufour tenait la ferme de La Malbaie et supervisait celle de la Comporté selon les écrits du père Coquart mentionnés dans le livre de Jean-Paul-Médéric Tremblay Tout un été de guerre.

Mais le guerre de 1759 détruira tout à LaMalbaie et tous les efforts mis dans l'organisation de ces fermes seront anéantis.

 

Nouveau départ sous le régime anglais

À la suite de la conquête anglaise, le Gouverneur concède deux seigneuries à deux officiers écossais.

La seigneurie Mount Murray est concédée à Malcolm Fraser et est située sur la rive gauche de la rivière Malbaie. Elle s'étend du Cap-à-l'Aigle jusquà Saint-Siméon. La seigneurie Murray Bay est concédée à John Nairne; elle joint les limites de celle des Éboulements et la rive droite de la rivière Malbaie.

Le seigneur Fraser fut surnommé le seigneur absent car il s'était fait donner un autre domaine dans le secteur de Rivière-du-Loup. Il partageait son temps entre les deux rives du fleuve. Il séjournait beaucoup plus à Québec car il y avait élu domicile après avoir épousé Marie Allaire. Il mourut en 1815 à un âge avancé.

John Nairne montra un plus grand souci d'implanter autour de lui une colonie écossaise. Il attira les censitaires portant les noms toujours bien connus tels que Warren, Blackburn et McNicholl. Il avait marié Christine Emmery et eurent 4 enfants: un fils et trois filles. Il mourut en 1802. Sa succession ne fut réglée qu'en 1833.

Avec les années, la seigneurie Murray Bay se développa beaucoup plus; plusieurs filles et fils des habitants des seigneuries de Beaupré et du Gouffre vinrent s'y établir. 

 

 Autres faits, dignes de mention

Vers 1800, la vallée de Baie-Saint-Paul, tout comme celle de La Malbaie, ne suffit plus pour sa population qui vit à l'étroit. De nouveaux villages sont ouverts: Saint-Fidèle en 1800, Saint-Siméon en 1818, Saint-Urbain et Sainte-Agnès en 1830 et finalement Saint-Irénée en 1840.

Très tôt, la pêche à l'anguille était une activité saisonnière pratiquée dans la majorité des villages côtiers de Charlevoix. Une coopérative de pêcheurs d'anguille a même été formée dès 1721 à Petite-Rivière Saint-François. Ce fut probablement la première coopérative de la Nouvelle-France.

 

Quelques dates historiques

1708: Décès de monseigneur de Laval à Québec.

1710: Port-Royal passe aux mains des Anglais.

1715: Population de la Nouvelle-France: 18500.

1754: Population de la Nouvelle-France: 85000.

1759: Défaite de Montcalm sur les Plaines dAbraham.

1764: Publication de La Gazette de Québec, journal bilingue.

1771: Reconnaissance officielle du régime seigneurial.

1774: Signature de l'Acte de Québec.

1791: Naissance du Haut-Canada et du Bas-Canada.

1792: Premières élections au Québec.

1817: Fondation de la Banque de Montréal.

1820: Population du Bas-Canada: 420000. Haut-Canada: 125000.

1829: Fondation de l'Université McGill à Montréal.

1833: Montréal élit son premier maire: Jacques Viger.

1837-38: Les Patriotes sont à l'oeuvre.

1840: Population du Bas-Canada :650000. Haut-Canada: 450000.  Sanction de l'Acte dUnion.

1851: Québec devient le siège du gouvernement

1852: Création de l'université Laval à Québec.

1859: Abolition officielle du régime seigneurial.

1867: Sanction royale et décret de l'Acte de lAmérique du Nord Britannique.

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