Vers le Lac-St-Jean. . .
Le Lac Saint-Jean fut découvert par le père
jésuite Jean Dequen en juillet 1647.
En effet,
ce père Jésuite accompagné de quelques Montagnais quitta Tadoussac le 11 juillet 1647
dans un canot d'écorce. Il était le premier blanc qui s'aventurait à remonter tout le Saguenay. Il franchit les sept portages
de la rivière Chicoutimi, navigua sur le Lac Kénogami, puis descendit la petite rivière des Aulnaies et la Belle-Rivière pour
enfin apercevoir le lac Saint-Jean le 16 juillet (près de Saint-Gédéon). Les Montagnais lui dirent que cétait le lac Piekouagami, mot montagnais
qui signifie lac plat, peu profond. Le père Dequen lui donna le nom de Saint-Jean.
(pages 84 et 85)
En 1676,
le poste de Métabetchouan fut apparemment établi à l'endroit où la rivière Métabetchouan se jette dans le lac Saint-Jean (Desbiens).
Ce poste de traite des fourrures ne tarda pas à devenir l'un des plus importants d'un réseau de plusieurs postes. Les Montagnais
échangeaient leurs plus riches pelleteries contre des armes, des outils, de la nourriture et de l'alcool. Les pelleteries
échangées étaient principalement des peaux de castor. Mais il y avait aussi des peaux de vison, loutre, martre, rat-musqué,
orignal, ours et autres. (Page 151)
Le pin du
Canada était recherché pour les bordages et surtout les mâts de navire. Les forêts du Saguenay, qui n'avaient jamais été entamées,
étaient riches en beau pin. Dès 1686, on envisageait de faire l'exploitation de cette ressource. Avec l'arrivée des blancs,
cette vaste région connut cependant un nombre croissant de feux de forêt. (Pages 192-193)
Pendant
des dizaines d'années, le commerce de la fourrure fut la principale activité et de nombreuses compagnies furent responsables
de ce commerce. En 1788, la Compagnie du Nord-Ouest, la grande rivale de la Compagnie de la Baie d'Hudson, prit le contrôle
absolu du commerce jusqu'en 1821. Elle fusionna alors avec cette dernière. De 1822 à 1831, les droits vendus aux enchères
appartenaient à des compagnies différentes qui furent éventuellement achetées par la Compagnie de la Baie dHudson en 1831.
Cette dernière demeura active dans ce commerce jusqu'au début des années 1970 alors qu'elle cessa toutes ses activités de
fourrure. Mais la traite diminua peu à peu à compter de 1840 avec les progrès de la colonisation au Saguenay et au Lac-Saint-Jean.
(Pages 215 à 217)
Vers la colonisation
Jusquen
1838, malgré ses vastes étendues de terre arable, la région du Saguenay était restée entièrement fermée à la colonisation.
Les causes de ce retard sont multiples mais on peut les rattacher à deux principales: l'insouciance des gouvernants et l'isolement
particulier de cette région.
Les campagnes
gardaient plus de 90 pour cent de la population totale de la province. Les paroisses de Charlevoix, où le sol arable est limité
par la mer et la montagne, souffraient plus que beaucoup d'autres du besoin de nouvelles terres. Elles furent les premières
à jeter les yeux sur le Saguenay, dont le mystère était un peu éclairci pour elles par les révélations de plusieurs de leurs
gens engagés dans le commerce des fourrures. (Pages 225 à 227)
En 1828,
le pouvoir politique nomma deux commissaires qui organisèrent un groupe de recherches pour préparer un plan d'exploration.
Les arpenteurs nommés par le pouvoir politique soumirent des rapports très précis et détaillés. Ils reconnaissent unanimement
l'existence de grandes étendues d'excellente terre dans les régions de Chicoutimi et du Lac-Saint-Jean et un climat tout à
fait favorable à l'agriculture. (Pages 228-229)
En 1829,
des citoyens de La Malbaie présentèrent une pétition au Gouverneur du Canada pour le supplier d'ouvrir le Saguenay à la colonisation. Ceci ne fut accordé qu'en
1837 à la Société des Vingt-et-Un. Cette
société négocia avec le gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson afin de se faire transférer la licence de cette dernière
de couper du bois sur le Domaine du Roi.
Les 21 actionnaires
officiels de cette société étaient: Alexis Tremblay, Alexis Simard, Louis Tremblay, Georges Tremblay, Jérôme Tremblay, Thomas
Simard, Ignace Couturier, Joseph Lapointe, Benjamin Gaudreault, Joseph Harvey, Louis Desgagnés, Louis Villeneuve, Ignace Murray,
David Blackburn, François Maltais, Michel Gagné, Basile Villeneuve, Pierre Boudreau,
Jean Harvey, Joseph Tremblay et Louis Boulianne. Le chef de cette société était Louis Tremblay. Les Vingt-et-Un ne devaient pas tous s'établir dans le Saguenay ni même se donner avec une égale activité à l'entreprise.
Le rôle personnel de quelques-uns se limita à la contribution financière. C'est cependant leur initiative qui eut pour effet
d'ouvrir le Saguenay à la colonisation. (Pages 235 à 236)
Les premiers
colons arrivèrent le 11 juin 1838 et établirent une première colonie à Grande-Baie.
François
Maltais a épousé en secondes noces Domitille Potvin à La Malbaie le 22 février 1830. Domitille était la fille de notre ancêtre
Janvier Potvin.
La colonisation du Saguenay...
En 1839,
Michel Simard, frère de Thomas et Alexis Simard de la Société des Vingt-et-Un, s'établit comme colon agriculteur à l'Anse
au Foin (Saint-Fulgence) , sur les bords de la rivière qui se jette dans le Saguenay. Il y amena ensuite plusieurs jeunes qu'il protégea et aida à s'établir. La colonisation y progressa lentement et,
en 1851, il n'y avait que 14 familles (85 âmes). La plupart venaient de Baie-Saint-Paul et de la Petite-Rivière-Saint-François.
Les premiers
colons furent: Léon, Joseph et Louison Savard, François Morin, Toussaint Bouchard, Julien, Lucien et Justinien Bouchard, Zacharie
Bouchard, Luc et Edmond Lemieux, Prudent Potvin (tous apparentés), Frédéric Duchesne,
Marcel Tremblay et Jacques Bolduc. Toussaint Bouchard fut longtemps le meunier de la rive nord du Saguenay. Prudent Potvin
fut durant quelques années instituteur puis maître de poste pendant plus de 30 ans. (Pages 242, 306-308)
Prudent
Potvin est le fils de Louis. Ce dernier était le fils de Joseph, le frère de notre ancêtre Prisque. (voir tableau de la 3
ième génération)
Vers 1855,
des colons s'établirent à Saint-Cyriac près de de la rivière Cascouïa, sur la rive nord du lac Kénogami. Parmi eux, on retrouve
Cléophe Potvin qui est apparemment mort centenaire. Ce Cléophe Potvin s'est marié à la Grande-Baie le 9 juillet 1855 à Félicité
Fortin, fille de Damase et Julienne Boulianne. Les parents de Cléophe sont Pierre et Euphrosine Boily mariés à Baie-Saint-Paul
le 29 août 1809. Pierre est le fils de Joseph et Rose Gagnon. (voir tableau de la 3ième génération)
Dans leur
voisinage, Jean Deschênes ouvrit une hôtellerie pour les voyageurs. Sa maison et son petit comptoir furent pendant longtemps
le relais quasi obligatoire de tous ceux qui passaient par le chemin impraticable qui longeait le lac Kénogami. Avec le temps,
on y construisit une chapelle et on la nomma en l'honneur d'un vieil autochtone montagnais, soit Saint-Cyriac. (Pages 335-336)
La
colonisation au Lac Saint-Jean et fondation de Héberville
Les défrichements
commencèrent au Lac-Saint-Jean en 1849. Cest la paroisse de Notre-Dame-d'Hébertville qui devint la première paroisse établie.
Le pionnier fut Joseph Morel. À cette époque, il n'y avait pas encore de route et le transport de Chicoutimi se faisait par
rivière à partir de Portage-des-Roches, près de Chicoutimi. La distribution finale des terres se fit en 1854. Les premiers
colons étaient: Calixte Hébert, Bénoni Voisine, Louis Deschênes (premier marchand), Louis Lévêque, Moïse Hudon dit Beaulieu,
Michel Paradis, Frédéric Bolduc, Jean Paradis, Antoine Tremblay, Antoine Laprise, Pierre Guimond et Joseph Fredette. En 1866,
la population était de 1395 âmes. Elle eut une école modèle en 1868. Héberville était alors la capitale du haut Saguenay.
On voit se développer l'exploitation du bois et se former des établissements de colonisation particulièrement vers Roberval,
autour du Poste de Métabetchouan (Desbiens), Saint-Jérôme, Saint-Gédéon, aux environs de la décharge du lac (Alma), et un
peu plus tard Saint-Prime et à Saint-Félicien. (Pages 341-350)
Pour les
fêtes du cent cinquantième anniversaire de cette municipalité en 1999, Dany Côté a écrit
l'histoire d'Hébertville. Ce livre nous apporte des faits intéressants que je désire vous présenter. (Pages 31-110)
Le curé
Nicolas-Tolentin Hébert en est le fondateur avec ses colons de lAssociation des comtés de l'Islet et de Kamouraska. Mais avant
son arrivée, le territoire de Hébertville a servi de lien entre le Saguenay et le Lac Saint-Jean. Dès l'époque pré-historique,
la route traditionnelle qui servait à passer entre ces 2 régions empruntait la rivière à Chicoutimi, les lacs Kénogami et
Kénogamichiche, la rivière des Aulnaies et la Belle-Rivière. Il était en effet pratiquement impossible pour les amérindiens
d'emprunter la Grande Décharge ou la Petite Décharge puis le haut de la rivière Saguenay à cause de leurs rapides violents,
leurs chutes dangereuses et portages difficiles tout au long de leur parcours. Les autochtones préféraient utiliser la route
traditionnelle via la Belle-Rivière, en canot ou à pied, une voie plus lente mais moins pénible.
Les premières
améliorations du système routier furent un pont flottant sur le lac Kénogamichiche et le bac pour traverser la Belle-Rivière.
Cest ainsi que Hébertville devint le pôle important vers les autres secteurs du lac Saint-Jean. En 1877, une route permet
de traverser le parc des Laurentides en rejoignant celle venant de Chicoutimi. La municipalité est responsable de l'entretien
de cet embranchement. On y retrouve aussi des camps et écuries pour abriter voyageurs et chevaux. Le chemin de fer fit son
apparition en 1888 et se rendra jusquà Chicoutimi en 1893.
En plus
des premiers habitants mentionnés précédemment, monsieur Côté ajoute les noms des célibataires suivants: F. et J. Rossignol,
Augustin Richard, L. Lavoie, Henri et Johnny Hudon dit Beaulieu, P. Beaulieu, Joseph Lemay et Paschal Vaillancourt.
Les chantiers au Lac Saint-Jean
Commencée
dans le voisinage des Décharges à l'automne de 1851 par les équipes de Peter McLeod, l'exploitation du bois au Lac-Saint-Jean
fut continuée par William Price et ses associés. Des chantiers furent ouverts successivement sur les rivières du côté sud
et du côté est du lac, puis sur les autres. On n'extrayait que le pin sans défaut, avec une certaine proportion d'épinette
de choix. Les billots, dravés jusqu'au lac par les cours d'eau, étaient amenés aux Décharges par où ils descendaient aux scieries
de Chicoutimi. Mais il s'en égarait beaucoup dans les canaux secondaires et les baies. Il s'en brisait ou perdait une grande
quantité dans la série des cascades et rochers où la drave était incontrôlable.
Dans ces
conditions ruineuses, l'exploitation du bois au Lac-Saint-Jean était presque impraticable. Pour régler le problème, on ferma
la Grande-Décharge par une longue estacade flottante. On obstrua aussi par des barrages les canaux secondaires de la Petite-Décharge.
Pour assurer le passage des billots dans la partie non-flottable de la rivière, on construisit une glissoire -La Dalle- longue de près de 1. 5 kilomètres. Ces ouvrages commencés en 1856 furent complétés en 1860. (Pages 351-353)
Les plus vieux parmi nous se rappèlent sans doute que nos pères nommaient à loccasion Alma la slaille, une déformation du mot dalle en anglais slide.
Le grand feu de 1870
Le printemps
de 1870 avait été particulièrement hâtif et sec. D'après la tradition, du mois de février au mois de mai, il n'avait plu que
deux fois. La température étant favorable, les colons avaient pu faire leurs semailles dès le début de mai.
De bonne
heure le matin du jeudi 19 mai, on vit s'élever une fumée épaisse dans le nord du lac Saint-Jean. Un feu d'abatis sur la terre
des Savard à Saint-Félicien, soulevé par le vent, se communiqua bientôt aux grands arbres. Vers onze heures de l'avant-midi,
toute la région nordique du lac était en flammes. Très rapidement tout le territoire de Saint-Félicien à la Grande-Baie n'était
qu'un immense brasier.
Pour survivre
pendant l'incendie, les gens n'avaient souvent pas d'autre choix que de demeurer dans les eaux froides des lacs et rivières
tout en s'aspergeant pour éviter que le feu prenne à leurs cheveux. Après le feu, plus d'un tiers de la population se voyait
dans le dénuement le plus complet: 5000 personnes, environ 700 familles, étaient sans abri, sans nourriture, sans vêtements.
Même les animaux n'avaient rien à manger. La région reçut beaucoup d'aide des autres régions de la province et nos ancêtres
reprirent le travail pour tout reconstruire avant l'arrivée de l'hiver. Il fallut beaucoup de courage et de détermination,
mais nos ancêtres en possédaient de grandes doses. Une conséquence heureuse de ce feu est qu'il permit aux bleuets de se reproduire
en très grandes quantités par la suite. (Pages 433-449)
Ce texte
provient d'extraits de L'Histoire du
Saguenay par Mgr. Victor Tremblay. Ce livre est une publication de la Société Historique du Saguenay et couvre la période
depuis l'origine jusqu'en 1870. Cet ouvrage (4ième édition-1984) a été préparé en collaboration et publié en 1938 à Chicoutimi.
Les descendants d'Antoine Potvin à Alma
Les pionniers d'Alma
La Dalle ou la Glissoire, connue aussi comme la slide, devint Saint-Joseph d'Alma et ensuite Alma. Le pionnier d'Alma est Damase
Boulanger qui a commencé à faire des défrichements sur l'île Sainte-Anne en 1860. Il installa sa famille à Hébertville en
1861 et l'amena finalement en permanence à Alma en avril 1865. Ce pionnier visitait sa famille à Hébertville les dimanches.
Durant l'été, il remontait la Petite-Décharge jusqu'au lac, naviguait ensuite sur la Belle-Rivière pour ensuite atteindre
Hébertville par la rivière des Aulnaies. C'était un parcours de quelque 34 kilomètres. En hiver, il voyageait par une ligne d'arpenteur longue de 19 kilomètres. À l'automne 1865, la famille dÉlisée Desbiens
s'installa près de celle de Damase Boulanger. En 1868, les frères Alexis et Charles Tremblay ainsi que Fabien Perron vinrent
ouvrir des terres sur l'île d'Alma. Romuald Maltais et ses fils s'installaient dans le rang 9 de Signay ( prononcé Sinaï).
Jean Jean vint ouvrir le rang 7. (Pages 37 à 54)
Le grand
feu a fait heureusement peu de dommages à Alma, à part d'avoir commencé à brûler l'écluse de la Dalle qu'on est parvenu à
éteindre. (Page 72)
Les pionniers
dAlma inventoriés jusquà 1874 sont: Richard Néron, Jean Néron, François Néron, Augustin Néron, Louis Larouche, François Larouche,
Stanislas Larouche, Ferdinand Villeneuve, Georges Langevin, Albert Langevin, Ernest Langevin, Honoré Langevin, Joseph Rousseau,
Anicet Bouchard, François Boudreault, Épiphane Fortin, Joseph Côté fils, Joseph Lessard, Damase Gilbert, Pierre Gilbert, François
Gilbert, Antoine Potvin, Jean Jean, Louis Jean, Fabien Jean, Maxime Jean, Thomas
Jean, Victor Lavoie, Marcel Lavoie, Boniface Néron, Euchariste Néron, Zéphirin Néron, François Côté, Moïse Côté, Thomas Côté
fils, Joseph Simard, Philias Simard, Alexis Thibault, Pierre Roy, William Larouche, André
Potvin et Nazaire Bouchard. (pages 55-56)
André Potvin,
mentionné ci-haut, a marié Marie Boivin à la Grande-Baie le 7 janvier 1852. Il était le fils de Jean-Baptiste Potvin et Agnès
Tremblay. Le père de Jean-Baptiste était Joseph. (voir tableau de la 3ième génération)
La lignée d'Antoine Potvin
Antoine
Potvin est né à Baie Saint-Paul le 7 juin 1838. Sa marraine se nommait Soulanges Gobeille et son parrain Julien Bouchard selon
son certificat de baptême.
Il arriva
à Hébertville en 1870 avec son épouse, Delphine Bouchard, quatre enfants et tout son mobilier et articles ménagers dans une
seule charrette. Il vint d'abord travailler à la Dalle pour un salaire de 25 cents par jour. En 1871, il prit un lot dans
le rang 7. Il commença le défrichement et ensemença mais il na pas eu de succès.
Les gelées détruisaient ses récoltes à ce point qu'il n'en tirait pas assez pour nourrir même sa vache. En février 1874, il
acheta le travail fait par Alexandre Dallaire dans le rang 9. Il logeait dans un camp près de la Petite-Décharge, il réussit
à maintenir sa famille et à établir son fils, Anaris. (Page 60)
Selon labbé
Alexandre Maltais, qui a fait un premier travail sur notre famille en 1939, Anaris est né à Saint-Fulgence en octobre 1865.
Ceci signifierait que notre aïeul est demeuré plusieurs années à Saint-Fulgence avant de se rendre à Hébertville. Le répertoire
des mariages du Saguenay nous confirme quil sest marié à Chicoutimi le 4 avril 1860.
Antoine,
comme tous les colons de ce temps, était très fort physiquement et trimait dur pour défricher son coin de terre à l'aide d'équipement
peu sophistiqué pour couper les arbres et surtout enlever toutes les souches pour être en mesure de cultiver la terre et ainsi
produire les légumes nécessaires aux humains en plus du foin pour les animaux.
Le texte
précédent provient d'extraits du livre de Mgr Victor Tremblay Alma au Lac Saint-Jean, son histoire. Ce livre est la publication
numéro 18 de la société historique du Saguenay.
Témoignage sur notre ancêtre par Nellie Fillion-Bois en 1984
Antoine
Potvin, grand bonhomme aux cheveux roux, est né à Baie Saint-Paul en 1838. Il est arrivé à Alma comme colon en 1872 et s'installe
dans le rang 7 (route du lac). Après deux ans, il déménage dans le rang 9, sur le lot 22, qui est maintenant la rue Scott.
Ce lot est situé de l'autre côté du pont qui conduit au quartier Saint-Georges. Sa terre a appartenu pendant 75 ans à la famille
Potvin et la maison originale existe encore. Elle a été achetée il y a quelques années par Jocelyn Maltais (bien connu à Alma).
Il l'a rénovée admirablement et a respecté la base de son architecture première. Ainsi on y retouve toujours à découvert la poutre sur laquelle Antoine Potvin a inscrit son nom au couteau.
Du plus
loin que je remonte dans mon enfance, j'ai toujours entendu parler de lui comme homme d'église. Il aimait chanter, avait la
voix forte, quoique fausse par moment, et a mis son talent au service de la communauté en devenant maître-chantre. Il chantait
le plain Chant (déformation du grégorien). Il prononçait les mots au son et ad vitam aeternam devenait habitanam heternam.
Il faisait le parcours de la maison à l'église en marchant. Les chevaux étaient rares vers la fin de ce siècle là. Il fallait
les ménager car les chemins étaient peu ou pas entretenus en hiver, boueux au printemps et à l'automne. Il était important
pour les chevaux de conserver leur énergie pour les travaux de défrichement et d'entretien. On prenait soin des animaux aussi
bien que les humains. Si une raison majeure l'empêchait de se rendre à l'église, la messe n'était pas chantée car il était
le seul à pouvoir le faire.
Il a souvent
négligé sa ferme pour remplir son devoir de maître-chantre mais, pour la famille Potvin, il était un homme formidable. Il
a continué à chanter même après l'apparition bien timide des chorales vers 1886, d'après les archives de l'église, et l'a
fait par intermittence jusque vers 1913.
Que l'on
pense aux millions de pas qu'il a parcouru, un aller seulement représentait environ 4 kilomètres, puisqu'il se rendait à l'église
tous les jours de la semaine et souvent deux fois par jour. Il a procuré à tous ses concitoyens beaucoup de joies et apporta
une certaine solennité aux divers offices religieux. Il a donné beaucoup à son église et à nos ancêtres en étant le tout premier
chantre d'Alma. Madame Théodora Fortin-Ouellet, fille de Théodore, âgée de 91 ans, se rappelle la voix de cet ancêtre aux
divers offices religieux.
Hommage
à toi, cher grand-père Antoine, qui de ta voix sonore a fait vibrer l'église de ton chant et hommage à tous tes descendants Potvin qui ont été les bâtisseurs de cette ville! De ton hérédité, certains ont su
faire vibrer autant les ondes de la radio et de la télévision que des différentes
tribunes publiques. Je me permets d'en citer deux : Gérard qui a fait une longue carrière en radio et télévision à Radio-Canada
et mon père, Jos. Fillion, en politique active au provincial.
Antoine
est décédé en 1916. Il avait 78 ans. Son épouse avait 91 ans lorsquelle mourut.
Lors de son mariage, c'est son frère Paulin, marié à Marie-Marguerite Gravel, qui lui servit de père.
Les Lalancette
Dans la lignée ascendante d'Emma Lalancette, nous indiquons qu'elle est une descendante de Pierre-Henri
Lebreton dit Lalancette. Le nom d'origine de cet ancêtre est Hélie.
Aux pages
36-37 du tôme10 des mariages de Bellechasse, Montmagny et l'Islet, voici ce que le frère Éloi-Gérard a écrit: : Pierre-Henri
Lebreton, fils de Jean-François Lebreton et de Jeanne-Marie Samson, de St-Aubin-de-Renneson en Bretagne, se marie le 2 décembre
1741 (contrat J. N. Ringuet de Vaucour N. P. le 26 nov. ) à Agnès L'archevêque,
fille de Jean et d'Angélique Rainville. En secondes noces, à Ste-Anne-de-la-Pocatière, le 5 novembre 1765, il épouse Marie-Angélique
Bouchard, fille de Joseph et Angélique Pelletier de St-Roch-des-Aulnaies. Ce médecin fut un des premiers à pratiquer des saignées
et on le baptisa du surnom de Lalancette. Il fut inhumé à la Pocatière, le 9 avril 1796 à l'âge de 83 ans.
Pierre-Henri
a eu 3 enfants durant son premier mariage: Pierre, Angélique et Marie-Josephte. Les 2
premiers enfants se sont mariés à Ste-Anne-de-la-Pocatière tandis que la troisième s'est mariée à Québec. De son deuxième mariage, il a eu Geneviève en plus de Jean-Baptiste. Geneviève s'est aussi mariée
à la Pocatière tandis que Jean-Baptiste s'est marié à La Malbaie.
La famille
Lebreton a sa place dans l'histoire de la littérature car une fille de Pierre-Henri, soit Marie-Josephte, est la grand-mère
du poète Octave Crémazie.
En effet,
Jacques Crémazie a marié en secondes noces Marie-Josephte Lebreton dit Lalancette à Notre-Dame de Québec le 29 avril 1783.
Ce couple eut 3 enfants dont un autre Jacques qui a marié Marie-Anne Miville dit Déchêne à Charlesbourg le 27 juillet 1807.
Ce dernier couple eut un enfant qui fut baptisé le 17 avril 1827 à Notre-Dame de Québec. Cet enfant se nommait Octave et devint
célèbre pour ses poèmes.
Ses descendants
ont choisi de se nommer Lalancette à leur arrivée au Saguenay-Lac St-Jean.
Des membres de notre famille actifs dans la vie publique.
Dans le livre de Mgr Victor Tremblay,
Alma au Lac Saint-Jean, nous avons noté que Antoine Potvin a fait partie du
conseil municipal en 1885, 86 et 87. Anaris fit de même en 1907, 08 et 09. (Pages 481 à 483). Nous pouvons lire que la première
école fut ouverte en 1878. (page 103) Le premier curé arriva en 1882. (page 487).
L'éclairage à l'électricité commença en 1923 pour tout le village. (page
317)
Ce livre
parle aussi de la vie politique et un peu de Joseph Ludger Fillion qui est le fils d'Adolphe Fillion et Marie Potvin, la soeur
d'Anaris. Mon oncle, pour les gens de ma génération, était un bon gros bonhomme qui avait toujours le temps de nous parler
et surtout de jouer avec les jeunes en nous pinçant après nous avoir gentiment agrippés en dépit de doigts coupés à une main.
Il s'est lancé en politique provinciale et fut défait en 1935 et 1936 par le dentiste Léo-M. Duguay, membre du parti conservateur
(les maudits bleus). Il l'emporta pour le parti libéral (les bons rouges) sur
monsieur Duguay au cours des 2 élections générales suivantes en 1939 et 1944. Il fut battu en 1948 par le docteur Antonio
Auger de l'Union Nationale, dirigée par Maurice Lenoblet Duplessis. (pages 363-4). Avant son entrée en politique provinciale,
il s'était fait connaître pendant de nombreuses années comme secrétaire du conseil municipal du village et de la ville. (page334)
On trouvera un peu plus loin un texte sur Jos. Fillion.
Le comité
centenaire d'Alma a publié un livre sur l'histoire des paroisses de la ville soit Saint-Joseph d'Alma a 100 ans: 1884-1994. Le livre a été écrit par Paul Tremblay
qui fut longtemps l'éditeur de l'hebdomadaire Le Lac Saint-Jean. Aux pages 87-88,
nous retrouvons la liste des marguilliers à Saint-Joseph. Parmi eux, pour des termes de 3 ans, on retrouve les élections d'Antoine
Potvin en 1894, Anaris en 1934, Joseph Fillion en 1951 et notre cousin Joseph-Henri Potvin, un fils d'Henri, en 1966. Aux
pages 457-477, on y trouve le rôle joué par notre oncle Jean-Joseph Maltais dans la création de la paroisse Saint-Pierre à Alma.
Aux pages
198-9, nous trouvons 2 témoignages impliquant des membres de la famille. Ils en disent un peu plus sur les moeurs et coutumes
du temps. La première est racontée par Roméo Fortin et la deuxième par Joachim Lavoie.
En premier, le témoignage de monsieur Fortin:
Le curé
Ludger Gauthier ( curé de 1931 à 1956) m'Avait accordé un contrat pour laver les bancs de l'église et les vernir. J'étais
le plus bas soumissionnaire. J'ai demandé une soumission pour le vernis à Jean-Joseph Maltais qui en vendait alors. Il offrait
le meilleur prix. Le curé Gauthier, après avoir examiné la texture et la couleur du vernis, me répondit que ce n'était pas
du vernis de bancs d'église et que c'est seulement Justin Dallaire qui en vend.
Mais Jean-Joseph
Maltais ne se tint pas pour battu. Il courut au presbytère; le curé n'y était pas et il le trouva enfin chez Thomas-Louis
Bouchard. Il l'invita alors à s'asseoir dans son automobile. Inutile de dire que Jean-Joseph lui en débita tout un chapitre.
Le curé, avec son calme habituel, écouta tout sans mot dire. Quand Jean-Joseph se fut un peu calmé, le curé lui dit: Si t'as fini asteure, j'vas te donner l'absolution.
Maintenant, le témoignage de monsieur Lavoie:
Avant le
grand feu de 1925, il y avait une dizaine de salles de pool dans le village d'Alma dont 5 ou 6 sur la rue Sacré-Coeur. Il
y en avait une propriété de Jos. Fillion, en société avec son beau-frère Johnny
Gauthier. Il y en avait une aussi dans le rang 9.
Dans ce
temps-là, ce n'était pas les revenus des salles de pool qui faisaient vivre les propriétaires. C'était surtout la cagnotte qui était un revenu, en pourcentage, pris sur les parties de cartes qui se jouaient dans un petit local
à côté. Il y avait aussi la vente du speed, une sorte de boisson faite de plusieurs ingrédients dont du cream-soda et qu'on
vendait en cachette. Le curé Lavoie (curé de 1891à 1931) fit de nombreux sermons contre ces
lieux de débauche, comme il les appelait.
Aux pages
301-304, M. Tremblay nous parle des 3 cloches installées dans le clocher de l'église Saint-Joseph. Sur ces 3 cloches, il y
a différentes inscriptions et le nom de famille Potevin est gravé sur l'une d'elles (Joseph) comme plusieurs autre noms de famille.
Non rapporté
dans les livres ci-haut mentionnés, il ne faut pas oublier que Jean-Joseph Maltais fut longtemps impliqué en politique municipale
puisqu'il fut échevin de la ville dAlma de 1942 à 1950. Il fut suivi par Joseph-Henri qui a complété 2 termes comme échevin
soit de 1959-62 et un autre de 4 ans quelques années plus tard.
Le bon curé
Gauthier ne faisait pas de la politique active mais dans une envolée oratoire lors d'un des sermons, il n'avait pas hésité
à rappeler à tous ses fidèles, à l'approche d'une élection provinciale, que le ciel
est bleu et que l'enfer est rouge.